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François Payot – L’homme qui surfait sur les vagues du monde

Prédestiné à devenir médecin, comme son père, son grand-père et son arrière-grand-père, François Payot suit d’abord le chemin familial avant de bifurquer. La médecine ne lui laisse pas assez de temps pour ses premiers amours : les vagues.

« J’ai compris que je ne pouvais pas passer ma vie loin de l’océan », confie-t-il à l’équipe de FrenchicTouch.

Il abandonne donc la blouse blanche pour l’architecture. Mais au moment même où il s’apprête à obtenir son diplôme, une rencontre inattendue bouleverse son destin.

Un champion de surf australien cherche à distribuer une jeune marque encore confidentielle en France : Rip Curl. François accepte de l’aider, pensant s’engager pour quelques mois. Ce sera le début d’une aventure planétaire.

Une rencontre signée FrenchicTouch.

 


 

Rip Curl, la passion devenue empire

Nous sommes à la fin des années 1970. Le surf en Europe reste marginal, presque anecdotique. « Le windsurf commençait à prendre, le marché européen s’ouvrait, mais tout restait à construire », raconte-t-il.

Entre deux tempêtes économiques – notamment la dévaluation du franc – les Australiens installent une base en France. François Payot se retrouve propulsé à la tête de la filiale européenne de Rip Curl.

« J’étais architecte, surfeur, et passionné. On créait des produits pour nous, parce que nous étions d’abord des riders. Nos réunions se faisaient sur des bateaux, au milieu des spots. »

À l’époque, peu de concurrence : Quiksilver, Billabong… et Rip Curl, dont la différence se joue sur la technicité. « Ces marques misaient sur le style. Nous, sur la performance. » Cette authenticité fera toute la force de Rip Curl : une marque créée par des surfeurs, pour des surfeurs.

Arrière-petit-fils d’Alexandre Payot, pionnier qui importa le ski en France, François aime dire qu’il porte « le gène de la glisse ». Et il le prouve : sous sa direction, Rip Curl devient un symbole mondial de liberté, d’innovation et d’esprit d’aventure.

En 2003, il quitte la direction européenne pour rejoindre le comité international du groupe et piloter le marché asiatique. Quelques années plus tard, il accède à la direction mondiale : 14 filiales, 2 000 employés, plus de 400 millions de dollars de chiffre d’affaires.

Le surfeur est par nature un voyageur, alors changer de continent tous les quinze jours, ce n’était qu’une suite logique.

 

L’Australie, école de liberté

De ses années australiennes, il garde une profonde admiration pour l’efficacité anglo-saxonne.

En Europe, on adore la complexité. En Australie, on cherche des solutions. Ils sont pragmatiques, directs. 

Mais si le business l’enchante, les relations humaines le touchent moins. « Socialement, je préfère nos interactions du Sud-Ouest de la France. Là-bas, tout est plus distant. »

Aujourd’hui encore, il reste attaché à ce continent mythique : « J’ai un ranch à côté de Byron Bay, à Mullumbimby, la montagne sacrée des Aborigènes. Là-bas, je retrouve le lien entre la nature et l’humain. »

 

Madagascar, le retour à l’essentiel

Quand la France se confine en 2019, François Payot est à Madagascar. Il décide d’y rester.

« Je me suis demandé : qu’est-ce que je peux apporter ici ? »

Son amour du surf le guide une fois de plus. Avec deux amis – un ancien joueur de rugby et un surfeur nommé Jérémy – il reprend un petit hôtel qu’il fréquentait souvent : Le Vovotelo, à Tuléar, au sud-ouest de l’île.

« C’est un des rares endroits au monde où il n’y a presque pas de surfeurs. Un surfeur, une vague : c’est mon luxe. »

Ils rénovent l’hôtel avec patience, durant deux ans, en pleine pandémie.

« C’est plus difficile de gérer un hôtel à Madagascar que Rip Curl dans le monde ! », lance-t-il en riant.

Mais derrière l’humour, une philosophie claire : s’adapter, transmettre, et partager.

Ce n’est pas à eux de s’adapter à nous, c’est à nous de comprendre comment les aider. Pour le salaire qu’ils touchent, ils donnent infiniment plus.

Le Vovotelo accueille et loge ses employés, repas inclus, même en dehors des périodes de travail. Une approche humaine, fidèle à la simplicité de son fondateur.

Aujourd’hui, un deuxième hôtel est en projet dans la région. Et d’autres idées se profilent.

Toujours le même moteur : créer de la valeur, faire émerger le positif, et semer la joie autour de lui.

 

Créer, toujours créer

De Madagascar à la France, il multiplie les initiatives : une marque de yoga, une marque de chanvre où « toutes les parties de la plante sont exploitables », des projets qui allient éthique, durabilité et bien-être.

En effet, en 2015, François Payot co-fonde Les Chanvres de l’Atlantique, spécialiste du chanvre biologique français. Basée dans les Landes, l’entreprise œuvre à nourrir la santé des Hommes et des sols en valorisant la plante dans son intégralité, de la graine à la transformation locale.

“Le chanvre peut nourrir, loger, habiller et soigner. Il participe au monde de demain.”

Une vision durable, fidèle à l’esprit du surfeur-entrepreneur : vivre en harmonie avec la nature. « Ce n’est pas seulement une question d’argent. C’est une question de sens. Ce qui me rend heureux, c’est de voir le sourire sur les visages. »

 

Infos pratiques

Séjourner au Vovo Telo

 

🌐 Site officiel : www.levovotelo.mg

📍 Adresse & accès : Ifaty, route de la plage à Mangily (30 km au Nord de Tulear) - Madagascar.

♡ Coup de cœur FrenchicTouch : un lieu sincère et solaire, à l’image de son fondateur — un surf lodge qui célèbre la simplicité, la nature et la joie de vivre. Les plus : une base nautique et une piscine collée à la mer.

⭐ Avis du Petit Futé : Lodge avec une démarche écoresponsable, autonome en énergie avec 72 panneaux solaires, et qui propose des mets de l'océan Indien.

🤍 Un grand merci à : François Payot pour son temps et sa générosité.

🕓 Tarifs : Chambre double de 60 € à 180 € la nuit, petit-déjeuner inclus.

⏳ Durée de visite recommandée : 2 à 3 jours pour savourer pleinement l’atmosphère, découvrir les plages désertes et les couchers de soleil de Tuléar.

💡 Notre conseil : réservez à l’avance pendant la saison sèche (avril à novembre) et demandez une chambre avec terrasse côté jardin tropical.


 

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