Bonjour Jonathan, merci d’avoir accepté cette interview, j’espère d’ailleurs qu’on ne peut pas nous espionner (rires). Le rire de Jonathan me laisse présager que cet entretien sera fluide et empreint de bonne humeur.
Comment êtes-vous devenu acteur ?
J’ai commencé à faire du théâtre à l’école, il y avait un Monsieur très enthousiaste, Olivier, qui était le metteur en scène. Et pour être honnête avec vous, à l’époque, faire du théâtre permettait de manquer certains cours. C’était une belle manière de s’évader de l’école. Au début, j’ai donc fait de la figuration, puis, avec le temps, j’ai obtenu des rôles plus importants au théâtre. Ensuite, pendant mon année de terminale, je voulais devenir avocat et sauver le monde, comme beaucoup d’entre nous. Malgré le travail que cela impliquait, j’ai finalement décidé de devenir acteur. J’aimais jouer et je trouvais cela excitant. J’adore le cinéma, le théâtre… Vous savez, à cet âge-là, il est souvent difficile de savoir ce que l’on veut vraiment faire.
C’était en Belgique, n’est-ce pas ? Il faut rappeler à nos lecteurs que vous êtes Belge… (un petit clin d’œil à nos chers voisins belges qu’on aime bien taquiner en France).
Bruxelles…Vous êtes venu en France pour votre carrière ?
Je me suis dit “Paris, me voilà !” (rires). C’était un moyen de devenir indépendant, de prendre mes distances avec ma famille. À ce moment-là, je ne connaissais personne dans cette ville.Quelle a été votre première impression en arrivant à Paris ?
Je connaissais déjà un peu Paris, car ma mère y avait vécu et j’y avais passé deux ans plus jeune. Je parlais à tout le monde dans les rues, comme on le fait à Bruxelles. Avec l’esprit de “déconnade”, j’avais envie de rencontrer des gens. On parlait aux filles dans la rue, il y avait une ambiance conviviale, de bonnes vibrations. C’est une ville qui fait rêver, même si elle n’est pas forcément la plus accueillante au départ. Mais elle est tellement incroyable.Y a-t-il un endroit à Paris que vous aimez particulièrement ?
Il y a un petit coin près de Saint-Germain, où d’ailleurs Scorsese a tourné *Le Temps de l’Innocence*. J’y habitais quand je suis arrivé à Paris, je partageais un appartement avec un journaliste, Place Fürstenberg. C’est un endroit très romantique, avec juste un arbre au milieu de la place…
À propos du Bureau des Légendes, nous attendons avec impatience la nouvelle saison, et ma première question en regardant cette série a été de me demander comment elle peut affecter les acteurs. Parce que cette série est tellement réaliste, je me suis retrouvée à pleurer à certains moments, et avec les événements récents en France, cela doit parfois être difficile de jouer votre personnage, comme par exemple dans cette scène où vous êtes pris en otage. J’imagine que vous y pensez…
Oui, c’est sûr, c’est très intense. D’autant plus que nous sommes vraiment en contact avec la DGSE, on leur montre les épisodes, et parfois, nous avons des projections avec des officiers supérieurs à l’École Militaire. Ce sont les vrais, ceux qui vivent au quotidien ce que nous jouons. Et c’est rare de jouer des personnages et de rencontrer des gens qui vivent chaque jour ce que l’on incarne à l’écran. Ce n’est pas anodin. C’est une série où les personnages sont profondément humains.Il est rare de jouer des personnages et de rencontrer des personnes qui vivent réellement, jour après jour, ce que nous incarnons à l’écran. Ce n’est pas anodin.
La DGSE sera peut-être débordée de candidatures ?
Vous avez mis le doigt dessus. Je crois qu’ils ont vu une augmentation d’environ 50 % des candidatures. C’est une hausse claire depuis le début de la série, les gens sont certainement courageux. Cette série crée tout de même un certain malaise, parce qu’une fois la télévision éteinte, elle continue d’une certaine manière. C’est Darroussin qui a dit qu’il analysait maintenant ce qu’on lui disait, mais qu’il pensait aussi à tout ce qu’on ne lui avait pas dit. Quand on nous donne une information, est-ce que cela cache autre chose ? Cela fait effectivement réfléchir, et c’est sûrement vrai dans certains cas.La DGSE a-t-elle un droit de regard sur la série ?
Éric Rochant (créateur de la série) entretient une relation de confiance avec la DGSE. Ils envoient les scénarios pour vérifier ce qui est plausible ou non. Si ce n’est pas plausible, on ne leur donne pas la solution, c’est au réalisateur de modifier le scénario. Ils n’ont vraiment pas le droit de divulguer des informations. Et l’univers d’Éric Rochant, c’est sa passion. Il a une véritable connaissance du sujet. C’est un travail minutieux.Comment voyez-vous votre personnage Sisteron ? Avez-vous des points communs avec lui ?
J’aime beaucoup mon personnage car il est très humain. Ce n’est pas un James Bond. J’apprécie de mettre en avant les faiblesses et les fragilités des personnages. Cette série représente une vérité que les gens craignent. Courir pour sauver quelqu’un en sachant qu’un tireur d’élite peut vous abattre, c’est effrayant. C’est ce réalisme que j’adore et qui fait le succès de la série. Je suis également surpris de voir à quel point les jeunes aiment cette série. Je me sens assez proche de Sisteron. Le personnage me ressemble parce que je pense que si j’étais un espion, je serais stressé. J’aurais aussi ce goût pour les femmes et je mangerais des cupcakes devant mon ordinateur (sourire).À ce propos, je ne peux pas m’empêcher de blâmer la série pour le fait que ce ne soit pas le vrai « Petit Brun » (les biscuits de notre enfance) que Sisteron mangeait. C’est une réaction de Jonathan, je suis sûr qu’il en parlera pour la nouvelle saison (clin d’œil).
Mais c’est un scandale, il faut faire quelque chose ! (rires)Quels projets avez-vous en cours ?
Je vais jouer aux côtés de Daniel Auteuil, Ludivine Sagnier et Virginie Ledoyen dans *Rémi sans famille* (cela ne peut que raviver des souvenirs d’enfance pour les Français), produit par Jerico et réalisé par Antoine Blossier, prévu pour décembre 2018. Il y a aussi Le Grand Bain de Gilles Lellouche, produit par les Films du Trésor, et je participe à Nureev, réalisé par Ralph Fiennes, sans oublier la saison 4 du Bureau des Légendes (Jonathan, un petit indice s’il-vous-plaît ? Pas encore, je résiste).Vivant en Australie, je note souvent que la française vue de l’étranger a une image qui lui colle à la peau. Comme d’habitude, je dois poser cette question : qu’est-ce que ce “je ne sais quoi” pour vous ? Que pensez-vous des françaises ?
Ah, mais les femmes françaises sont merveilleuses. Elles figurent parmi les plus belles femmes du monde. Elles sont charmantes. Ce que fait très bien une française (et peut-être que c’est ça le “je ne sais quoi”), c’est qu’elle saura toujours se mettre en valeur, même si elle n’est pas nécessairement conventionnellement belle. Elle a beaucoup de goût et un sens de la mode qui lui permet de s’habiller selon sa silhouette. Parfois, je trouve que la beauté cachée est bien plus belle.Après de nombreux rires, nous concluons cette conversation en soulignant que c’est la première interview de Jonathan en Australie, et je ne peux m’empêcher de le mentionner en riant.
Merci, Jonathan, d’avoir partagé votre humour contagieux et cette belle humilité.
Malgré mes tentatives pour le pousser à dévoiler des indices sur les prochains épisodes du Bureau des Légendes, Jonathan est resté discret sans révéler le moindre indice. Il y a quelque chose de Sisteron en vous, Jonathan.
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Faye Jenkins
juin 29, 2020Jonathon is my favourite character in Le Bureau